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Asphéricités
cn, aplatissement ε et moments multipolaires
Jn
On définit le diamètre solaire comme
étant la distance entre les deux points d'inflexion du profil
en intensité du disque solaire. D'autres définitions existent
dans la littérature; par exemple, le bord solaire est défini
à la profondeur optique τ=1, ou bien au minimum
de température de la photosphère, ou encore le long d'une
équipotentielle de densité solaire ...
On a pris l'habitude de parler du semi-diamètre
solaire, car, par observation du diamètre solaire
à l'astrolabe, on déduit des calculs deux demi-diamètres
qui font entre eux un très petit angle.
L'aplatissement d'un astre ε se définit
comme le rapport de la différence du rayon équatorial
Req et polaire Rpol au
rayon équatorial. Dans le cas du Soleil, c’est une
quantité extrêmement faible (sans dimension), de
l’ordre de 10-6. Pour des raisons de commodité,
on parlera ici de la différence des rayons équatorial-polaire
ΔR.
Le Soleil étant un corps gazeux tournant à une vitesse
non négligeable, il en résulte un aplatissement
que nous qualifierons de “naturel”. Pour une composition
homogène du Soleil, et une vitesse uniforme, ΔR
est de l’ordre de 7 à 8 mas, soit de 5 à 6
km. La limite supérieure se situant à 20 mas, soit
15 km, ce que l'on entend mesurer est donc une valeur comprise
entre 8 et 20 mas avec une précision de l’ordre de
quelques mas. Seule une très haute résolution angulaire
permet d’espérer une telle mesure.
Le potentiel externe du Soleil à une distance radiale r>R
depuis le centre du Soleil est développé sur la base des
polynômes de Legendre. Les coefficients correspondants, Jn
(n pair de par la symétrie axiale), sont appelés
moments gravitationnels.
Les asphéricités (ou déformées),
cn (n pair de par la symétrie axiale),
sont les coefficients du développement de la forme des différentes
couches solaires situées à une distance radiale r<R
dans la base des polynômes de Legendre. Des anomalies dans la
courbe cn(r) permettent de positionner
différentes couches solaires.
Ainsi, la tachocline est définie comme la zone de transition
entre une région (la zone radiative) où la rotation est
quasiment uniforme et une région (la zone convective) où
la rotation est différentielle. Cette zone de transition, positionnée
à environ 0,75 RΘ, est une région
de cisaillement dans laquelle la circulation méridionale lente
redistribue les espèces chimiques et le moment angulaire (Spiegel
et Zahn, 1992). La leptocline est constituée de deux sous couches,
l'une située à 0,985 RΘ et l'autre, très près de la surface,
autour de 0.995 RΘ, et qui peuvent
être reliées à un passage depuis la zone convective
à une couche radiative mince. L'existence de cette dernière
a été récemment confirmée par l'hélioséismologie
(Lefebvre et Kosovichev, 2005).

Figure : Coefficient d'asphéricité
de degré 2 en fonction de la distance radiale relative au centre
du Soleil. Le creux dans la courbe localise la tachocline et indique
que cette couche est prolate (au lieu d'oblate pour une bosse). L'anomalie
proche de la surface localise la couche dite leptocline (d'aprés Armstrong & Kuhn (1999) et S. Lefebvre & al, 2005).

Figure : Illustration des asphéricités
solaires à différentes profondeur. La région du coeur doit encore être étudiée.
Vraie forme du Soleil ?
Les coefficients Jn et cn
sont liés. En effet, la surface solaire est une
équipotentielle vis-à-vis du potentiel solaire
total (c'est-à-dire, la somme des potentiels gravitationnel,
de rotation et magnétique).
La théorie des Figures défini
l'hélioïde par analogie au géoïde terrestre.
Des mesures précises de l'aplatissement solaire permettent donc
d'atteindre les moments quadrupolaire J2 et octopolaire
J4 du Soleil. La confirmation a été
faite au moyen de l'héliosismologie (Paternò et al., 1996).
Il faut cependant inclure un modèle (densité, rotation)
pour le noyau interne de manière à vérifier
les observations (cf. derniers résultats en héliosismologie
de SOHO sur le dédoublement de raies hyperfines hautes
fréquences).

Figure : Par analogie avec la Terre qui n'est
pas une sphère mais un géoïde, la forme non sphérique
du Soleil est apellée hélioïde. (Dimensions exagérées)
La possibilité d'une variation de la forme externe du
Soleil au cours du cycle solaire fut orignellement proposée
par Dicke et al. (1987). Leur ajustement (controversé)
d'une sinusoïde de période de 11.14 ans à quatre
points de données a motivé les premiers suivis sur
la forme du Soleil, notamment à l'Observatoire
du Pic du Midi au moyen de l'
héliomètre à balayage initié par J. Rösch.
L'ensemble des données s'est considérablement
élargi dans les dernières années (Badache-Damiani
& Rozelot, 2005). Les données qui proviendront des
missions spatiales PICARD
(2008), GOLF-NG
(2008-2010) et SDO (2008)
permettront d'étudier d'étudier les paramètres
cn, Jn et leur dépendance avec
le cycle d'activité solaire. L'intérêt de
la modélisation par J2
et J4 est que l'on pourra peut-être expliquer
la cyclicité solaire et prédire certains des effets
chaotiques déterministes.
Bibliographie
Mesures de l'aplatissement
solaire:
Dicke, R.H. et Goldenberg, H.M., 1967, Phys. Rev. L.,
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Sur les déformées
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Godier, S. et Rozelot, J.P.:
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Tenerife, Spain, 4-8th October 2000,
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Lefebvre, S. et Kosovichev, A.: 2005, ApJ Letters,
633, L149-L152
Pireaux, S., Lefebvre, S. and Rozelot, J-P.:
2005, “ Solar gravitational moments and solar core dynamics”, in "Journées de la SF2A 2005", 27th June-1st July 2005, F. Casoli, T. Contini, J. M. Hameury and L. Pagani Eds, p. 121, EdP-Sciences Conference Series 2005.
Rozelot, J-P., Godier, S. et Lefebvre, S. : 2001, Sol. Phys. 198,223
Spiegel, E.A., et Zahn, J. P.: A&A, 265, 106,
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données du rayon solaire:
Lefebvre, S., Bertello, L., Ulrich, R.K., Boyden, J.E. et Rozelot, J.P.:
2004, SOHO 14/GONG 2004 Workshop, New Haven, ESA SP-559, p.532-535 and 2006, Sept. 10, Ap. J., 648
Badache-Damiani, C. and Rozelot, J.P.:
2006 "Solar apparent radius variability: a new statistical approach to astrolabe multi-site observations", Mon. Not. Roy. Astron. Soc. 369, 83–88
Détermination
des moments gravitationnels:
Godier, S. et Rozelot, J.P.: 1999, Astron. & Astrophys.,
350, 310
Pireaux, S. et Rozelot, J.P.: 2003, Astron. & Space
Science, 284, 1159
Rozelot, J.P. et Lefebvre, S.: 2003, in "The
Sun's Surface and Subsurface", Rozelot, ed., LNP 599,
Springer, p. 4
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